je n'incite personne. ce que je fais n'est pas bien. je le sais. vous n'avez pas à
faire de même. j'avais juste la flemme d'avoir un disclaimer tout moche avec "interdit aux moins de 18 ans" dessus et des visites provenant d'un site porno.
je réponds à vos commentaires. si j'en ai envie. ou pas.
je ne me censurerai pour personne. du réel ou pas, si vous me lisez, c'est à vos
risques et périls.
Mon père, c’est des mains. Un peu rugueuses mais surtout douces. Comme un hérisson qu’on aurait passé au papier de
verre. Chaudes, aussi. Une main qui se pose sur mon cou pour me rassurer un matin de déprime, une autre sur le sommet de mon crâne pour m’endormir un soir d’insomnie. Les mains de mon père sont
toujours chaudes, comme le café qu’il m’apporte parfois au lit. Les mains de mon père me sortiront de n’importe quelle situation, me tireront de n’importe quel piège.
Mon père, c’est la nourriture. La bonne cuisine : gratin et tartes, quiches et gâteaux. Une cuisine digne d’un
restaurant. Elle réchauffe mon cœur, comme ses mains les miennes. La nourriture qui me console, qui m’entoure de son soutien comme lui de ses bras, quand ça ne va pas, quand le monde entier m’en
veut. Celle qui me dit que je suis exceptionnelle, que ce n’est que pour moi qu’il déploie tous ses efforts.
Mon père, c’est les guerres qu’il a vécu, c’est la violence qu’il a apprise et dont il essaye de se séparer, c’est
des cris et des colères. Mon père, c’est la violence tout court, celle des finis-ton-assiette et des arrête-de-piquer-des-crises. Mon père, c’est un homme. Je hais les hommes. Ils ne me veulent
que du mal.
Mon père, c’est des mains, des mains qui emprisonnent mes poignets alors que je me suis effondrée. C’est un regard
dur et des lèvres serrées. C’est une peur qu’il a, c’est une peur que j’ai. C’est la mort qui se rapproche à grands pas et personne qui ne peut rien y faire. Des mains, toujours. Des mains qui se
lèvent, qui font peur mais qui ne s’abattront pas.
Mon père, c’est la nourriture, celle qui me hait et me veut du mal, celle qui n’a qu’un but ultime : me recouvrir
de graisse pour m’empêcher de respirer, peser au niveau de mes hanches pour me noyer. Et j’étouffe dans son étreinte brûlante. La nourriture qu’il faut finir, cacher, recracher quand il a le dos
tourné. La graisse. La saleté. La violence. La haine.
Mon père, c’est vomir en silence, pour qu’il ne pleure pas devant ce que sa petite fille est
devenue.
You said...