Je vais bien. Juste, j'ai un peu de mal avec le réel. Avec la réalité qui me dévore le visage de moustiques, la
chaleur qui me gonfle le corps en entier, l'été qui me couvre d'eczema. Je fais une réaction allergique à l'été - et à tout contact humain. Je suis allergique aux Autres. Pourquoi ? Parce que
plagiat puis enterrement, parce que "tu as le regard le plus pénétrant que j'ai jamais vu. Comme un puits profond qui attire tout, au milieu d'un champ recouvert de neige" [euh ?], parce que je
n'aime pas que les voix changent, que les paroles s'oublient.
Je vais bien. C'est normal puisque j'ai tout inventé. Je n'ai plus rien pour remplir ma vie, désormais, là est le
problème. Non, je ne suis pas malade, non, je ne suis pas accro à quoi que ce soit, non, je n'ai pas été... non... non ? La vérité, c'est donc si important que ça ? - La vérité, c'est surfait. Ou
alors, c'est ce qu'il y a de plus vital au monde... Je sais plus, j'ai pas trop suivi... M'en fous, je fais croire ce que je veux. Et demain, quand j'aurais fait assez de recherches, je pourrais
peut-être vous le faire croire, que je suis parfaite et heureuse.
Vu, donc, que je vais bien, je n'ai rien à écrire. Ou si, justement. J'écrirai mon amour du paracétamol, de l'alcool, des sparadraps, de l'insecticide en bombe spécial volants et mon bonheur sera
complet.
En attendant, je vais me reposer un peu - ou pas. Je sais pas ce que je fais la nuit.
Mais c'est toujours le même brouillard au matin. A ce qu'il paraît, je dors. Donc je vais dormir un peu, pour que le temps passe plus lentement encore. Parce que la nuit défile, mes yeux sont
ouverts et fixes mais je suis incapable de faire quoi que ce soit. Oui, je dois dormir.
Je suis si fatiguée.
Que j'en oublierais bien ma vie.
Je vais bien.
Puisque j'ai perdu 1 kilo. Ou 2. On s'en fout. Chut, Ils ne doivent pas savoir.
Edits :
- Je veux plus jamais manger, je veux plus. C'est trop compliqué à gérer, ça introduit trop d'inconnu. Et pourtant... Non, plus jamais jamais jamais. Mais pour cela, il faudra accepter de les
décevoir. Je ne sais plus. Une certitude : ma main enserrant ma cuisse provoque bourrelets et reliefs. Et ça, je ne peux pas le laisser faire.
- Et cette sensation de déranger, non, d'irriter chaque être vivant me connaissant. Je ne la supporterai plus bien longtemps. La transparence, oui, le choix initial, celui qu'on qualifiait de
"stupide", c'est peut-être celui-ci même, le bon.
- Je ne sais plus à quoi ressemble un corps normal. Non pas un que je trouve beau, ni un que je déteste pour sa laideur. Mais je ne SAIS plus à quoi doit ressembler le corps d'une personne en
vie. Je sais juste que ce n'est pas le mien. Ouais, au fond, peut-être que je devrais sortir de ma chambre...
- Confirmation d'aujourd'hui : je ne sais faire que le mal autour de moi.
Fais gaffe à toi, quand même.
Bon courage encore.
Maora