Samedi 13 juin 2009
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2009
17:28
Je suis désolée.
J'ai essayé par tous les moyens de Vous contenter.
J'en suis apparemment incapable.
Pardonnez-moi d'exister, autre que suivant vos désirs.
Vraiment, je vous en supplie,
pardonnez-moi.
Je ne tiendrai plus bien longtemps.
Vendredi 12 juin 2009
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2009
17:19
Et cette douleur au fond de moi, qui ne veut pas
partir. Et cette idée qui reste ancrée, quoi qu'il arrive. "Dis, t'es sure qu'elle est
pas... comment on dit, déjà ? anorexique-boulimique ?" Et moi, et moi, et moi ? Tu ne me vois donc pas ? Non, c'est vrai, je ne suis pas malade, je ne suis pas malade, je demande
juste un peu trop d'attention, pour une fille de mon âge. "Mais tu es une femme, maintenant."* Je suis juste en
face de vous. Pourquoi est-ce que vous ne me regardez pas ? Je ne veux pas crier, pour attirer votre attention, parce que ça vous fait mal. Je ne vais pas me frapper, en face de vous. Je ne fais
plus ça. Je ne vais même pas arrêter de manger ou me faire attraper en situation compromettante. Je vais me taire, ça vaut mieux.
Parce qu'on ne se fait pas du mal, simplement pour redevenir visible - je me suis battue si longtemps pour cette douce
transparence.
*Je dois faire sortir ce démon de ce corps. Cette chose dans ma démarche, dans mon attitude, qui fait que je ne suis plus une enfant. Je dois enlever,
arracher ce qui donne aux Autres, aux Hommes, l'idée que je suis "gaullée comme une pin-up", que j'ai "le feu au cul" ou tout simplement que je suis "baisable". Je veux redevenir imbaisable avec tout ce qu'Il sous-entendait, je veux
redevenir comme avant et ne pas avoir raté tant d'années de ma vie. Je ne veux pas me rendre compte que j'ai tout perdu, si vite, si facilement. Je ne veux pas pleurer comme ça, toute une
éternité. Je ne veux pas de la femme qui pointe ses hanches sous ma peau, qui a envie de porter de jolies robes et des talons, je veux la gosse à qui on a appris qu'il ne faut pas porter de chaussures trop hautes, trop tôt, parce que ça abîme la colonne vertébrale et que les meilleures robes du monde, c'est
celles qui tournent le plus.
Et mourir, ces pétales en corolle.
Par Anne
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Mercredi 10 juin 2009
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2009
12:30
J'ai commencé par le vide, je continue par le vide. Je ne sais pas pourquoi je n'arrête pas de pleurer. A ce qu'il
paraît, c'est la fatigue. Je suis euphorique, pour mon entourage, de très bonne humeur, depuis dimanche. On me répète à quel point on n'en a pas l'habitude, venant de moi, et je prends avec le
sourire, comme si c'était un compliment. Je vais bien, vraiment, très bien. Le sourire est collé à mes lèvres, et, si ça se trouve, un jour, j'y croirai.
En plus, je vais voir Deep Purple. J'en ai pleuré de joie.
Alors, vraiment c'est que je suis heureuse.
Mais le vide. Ce truc, au fond de moi qui ne réagit plus, depuis longtemps. Cette voix, cette pensée qui ne veut pas se
taire, cynique et mauvaise. Je ne veux pas être heureuse, c'est trop compliqué, c'est trop dur. Je veux juste me laisser aller. Rester allongée, fixer le plafond et attendre de mourir de soif.
Parce que oui, mourir de faim, c'est mieux, mais le dessèchement, c'est plus rapide.
Je n'ai aucune envie de me battre, si vous saviez. Je ne veux pas avoir à combattre pour quelque chose qu'Ils considèrent comme "commun", "banal" ou "normal". Pourquoi c'est si dur pour moi, pour
nous, pour eux ?
Je ne suis pas heureuse. La musique ne me fait plus rien. J'ai bien tenté, en achetant 50 € de CDs, de faire revivre ce quelque chose qui donne envie. Mais rien. Les mots n'ont plus aucun sens.
Les tirades qui me remuaient, les mélodies qui me soulevaient, ces hontes qui me révoltaient ; plus rien. Je ne veux plus faire semblant. Mais il le faut pourtant. Et décider. Qui dois-je mettre
dans la confidence ? Qui dois-je rassurer ? Le mieux est de mentir à tous. D'ailleurs, ce texte n'est qu'un mensonge. J'écris ainsi tout simplement parce que je m'ennuie, à vivre si heureuse.
Mais tout cela est faux, promis.
Je pourrais parler d'anorexie et de boulimie, aussi. Vous dire que j'ai enfin cassé ce pallier. Que ma vie va désormais tourner autour de mon poids. Mais là aussi, ce serait un mensonge : je ne
suis pas malade ; je ne vomis pas [plus] ; je parle d'autre chose que poids, calories, mensurations [tant pis, si l'on ne peut taire ses pensées, tant pis, si au fond, ce sont elles qui
m'empêchent de dormir] ; je ne suis pas grosse, je suis "normale" [obèse] ; je ne fais pas de crises, je suis simplement très gourmande, en dehors des repas. Bien sûr, je pourrais, rien que pour
attirer le chaland. "Dis, t'as vu le nombre de réponses quand on tape anorexie sur google ? C'est troooop space !" - Désolée, je préfère tenter Obama antichrist, c'est
beaucoup plus drôle.
Je ne suis pas malade.
Alors, il ne vous sert à rien de rester ici : même pas de voyeurisme malsain. Je vais très bien. Je suis si heureuse de vivre comme je vis. La vie est vraiment belle, pour moi,
aujourd'hui.
Je ne ressens plus rien. J'ai juste cette colère au fond de moi, qui ne part pas, qui me ronge, qui va finir par me tuer, les larmes de rage brulant ma peau, pour atteindre le coeur et l'estomac.
J'ai cette horrible animal, au fond de moi, qui ne veut plus sortir, qui ne veut pas mourir, qui reste là et griffe mes intérieurs. Ca fait mal, de se mordre les joues, de bloquer l'air, pour que
le cri ne sorte pas. Il faut l'arracher, le monstre, il faut l'achever. Et si je ne trouve rien d'autre que d'arracher mes cheveux, de frapper mon crâne, de mordre et de déchirer de mes ongles
[tiens, tu as arrêté de te les ronger ? vraiment, tu as l'air en meilleure forme !], c'est parce que l'alcool m'est désormais interdit. J'ai pourtant besoin de cette ivresse apaisante. Non, pas
être bourrée. Juste pouvoir arrêter de réfléchir sans que ces pensées culpabilisantes remontent à la surface.
Qu'elles se taisent, c'est tout ce que je demande. Parce que c'est peut-être idiot, mais de penser à comment j'ai frappé J. à la maternelle me met toujours hors de moi. Pour rester au basique. On
peut se reprocher tellement de choses quand on veut se faire du mal.
Je vais bien, donc.
Heureuse. Tout va bien. Et si le ciel est gris, que cela ne Vous dérange pas, ma bonne humeur suffira à Vous changer les idées. Je vais tellement bien que Vous avez peine à y croire.
- Au passage, je n'ai rien contre les imitateurs, de mots ou de maladie, de gestes ou de
vie.
Au contraire, Mesdemoiselles, Messieurs, j'admire votre courage à vous avouer si vides, vous-mêmes, que vous ne pouvez
que prendre ce qu'il y a tout autour de vous. Bravo, vraiment : j'ai toujours admiré la culture du rien.
- Récemment, j'ai voulu aider. Peut-être pour les mauvaises raisons. Mais ça m'a poussée à faire pas mal de choses. Comme par exemple retourner dans des quartiers honteux. Ou appeler des
inconnus. Là n'est pas la question. La question est que je me fais souvent [toujours ? à vous de me le montrer] avoir et/ou trainer dans la boue. J'ai compris, je ne recommencerais pas.
- NE MOURREZ PAS, S'IL VOUS PLAIT et, Prenez soin de vous. Je ne saurais supporter un nouveau décès, une nouvelle perte, une énième trahison. Qui que vous soyez, du moment que vous ne
m'avez jamais frappée, je tiens à vous.
Par Anne
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Samedi 6 juin 2009
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2009
12:42
Je crois qu'on sous-estime totalement l'influence que Freddie Mercury peut avoir sur nos actes et pensées.
Je ne veux pas mourir. Enfin, pas ce soir.
Par Anne
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Jeudi 4 juin 2009
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2009
12:35
Je ne sais pas.
C'est assez horrible comme sensation, de ne pas savoir ce que je ressens. Oui, bon, d'accord, un peu contradictoire, mais on s'en fout, l'idée est là. Juste une moue, un peu boudeuse, selon eux.
Des yeux que je n'arrive pas à maintenir totalement ouverts. Et une méchanceté que je ne peux retenir.
Bon, évidemment - je ne vais pas mentir, hein - j'ai atrocement besoin d'une vodka, d'une pillule, d'un cachet, d'un homme. Mais ce n'est pas pour rien que je suis Aimée, je crois, alors, je me
dis que ça vaut, peut-être, le coup d'essayer. Et puis, les marques sur mes cuisses ou sur mon bras, 'faut bien qu'elles servent à quelque chose.
Mais la haine, la rage et la colère.
Ce sont ces déferlements qui sont le plus effrayants, je crois, parce que les petites filles sages, elles ne s'arrêtent pas tout d'un coup, au milieu de révisions de philo, pour déchirer leurs
cahiers. J'ai tout perdu, d'un coup, comme ça. Je n'ai pas "su me retenir" et puis, "j'en demande trop", tout le monde vous le dira. Alors, il faut se taire, c'est tellement plus simple.
Et espérer. Espérer que personne ne regardera trop attentivement. Qu'ils ne verront pas que mon sourire est le plus large quand je veux cacher mes larmes.
Je n'ai plus rien. Mais, là encore, ça va. Puisqu'on s'en fout, au fond.
Mais vous croyez vraiment que c'est faisable ? je veux dire, s'endormir en se répétant qu'on est un monstre, qu'on fait du mal à chaque être cher, c'est possible ? moi, j'y arrive toujours pas.
dommage, hein ?
Par Anne
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Dimanche 31 mai 2009
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05
2009
19:28
Voilà.
J'ai arrêté ma vie, mais j'ai toujours pas réussi à la recommencer.
Je ne doute pas, non. Il n'y a juste plus rien à faire.
Pourtant, si vous saviez...
Je pourrais vous dire comment j'ai tout foutu en l'air. Je pourrais vous expliquer comment je suis retombée dans l'alcool et comment j'ai fait des flasques mes nouvelles amantes. Je pourrais vous
justifier que c'est pas de ma faute, si je me suis droguée, si fort, si vite. Je pourrais. Et peut-être que vous comprendriez qu'au fond, tout est de ma faute. Parce que je devrais aussi vous
montrer à quel point je suis garce, égoïste et pleurnicharde.
En fait, non. Ca ne va pas. La jalousie, au moins, c'était humain, comme sentiment. Mais maintenant qu'il n'y a plus ça, maintenant, il ne me reste que l'horrible et le laid. Vous savez, ce qui
reste une fois qu'on a tout gratté. Le seul mot qui me vient à l'esprit, c'est "chair purulente", oui, je l'avoue. Il y a des choses, en moi, que je ne savais même pas exister. Des inimaginables.
Des terrifiantes. On n'oublie pas, en fait, on cache, juste.
La vérité, c'est qu'un sevrage, c'est pas beau. Mais qu'au moins, je vomis.
Et je serai presque heureuse. A part pendant la déprime du matin, celle qui dure jusqu'à 14h. Et à part pendant celle du soir, celle qui commence à 18h.
Oui, à part ça, franchement, moi, ça va.
Par Anne
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Samedi 30 mai 2009
6
30
05
2009
11:24
Je suis en vie, je crois. Et, j'arrive, bientôt.
Laissez-moi finir mon sevrage, mes lettres de motivation, l'entretien de ma vie sociale et je suis à vous.
[si l'on veut toujours de moi]
Par Anne
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You said...