Destruction organisée.
Réparation brouillonne.
Quoi qu'il arrive,
c'est la fin d'une époque.
Par Anne
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Morale du jour - puisque toutes les bonnes histoires en ont une :
Il ne faut faire confiance à personne.
Il ne faut pleurer que dans l'enceinte calme et rassurante de la salle de bain,
puis, se laver le visage, et ressortir.
Faire comme si de rien n'était.
Par Anne
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Avant-hier, au soir, j'ai résisté au suicide. J'ai épongé le sang, j'ai garotté et j'ai prié pour que ce ne soit
pas si profond que ça. A ce qu'il paraît, c'est une victoire. Je considèrerai ça comme une lâcheté de plus.
J'ai ouvert les yeux ce matin et j'ai regardé le Vide. En face. Ca fait très peur. J'en ai pleuré toutes les larmes qui me restaient, à n'en plus m'arrêter de trembler. Je me suis rendue compte
qu'il ne restait plus rien, en moi, qu'une enveloppe trop pleine, comme une écorce maintenue par la graisse par l'intérieur.
Tout cela sonnant creux, un peu comme une mauvaise imitation d'anorexie.
Par Anne
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Non, je ne vais quand même pas me suicider à cause d'un film, et des vérités qu'il assène. Non, je suis pas si conne. Je ne vais quand même pas, alors que ça va siiii bien, prendre un scalpel.
Non : "je suis déprimé, je n'en ai même pas la force."
Moi, je suis une gentille fille, je raconte des conneries, à l'écrit, histoire de me soulager l'esprit et le coeur de toute cette violence. Oui, j'écris pour ne pas couper. Me croirez-vous ? Je
suis sure que mes cuisses sont vierges. Que mes avant-bras sont purs. Je ne vais pas vérifier. De même que mon ventre. Il est certes gras et rebondi, mais demandez-leur, demandez-Lui, il n'y a
rien dessus, aucune coupure, aucune cicatrice, aucune trace. Je suis pure, si vous saviez. Ce n'est pas ma faute si ma pureté, vous ne pouvez pas la voir.
Les cicatrices ne sont pas là, les marques n'existent pas, mon esprit est sain et mon estomac est vide.
Dites-moi, à qui est-ce que je mens ?
La vérité est si laide, tout ça fait si mal, mes larmes sont si chaudes.
Je ne veux pas mourir, si vous saviez. Vous dire que j'ai des raisons, que j'ai mes raisons, ça ne servirait à rien. Vous les exposer serait encore plus inutile. Les personnes qui se sentiront
visées me répliqueront un "mais non" adroit, bien argumenté et je devrais y croire parce que c'est logique. Je ne veux pas croire. Je ne veux pas écouter. Je ne veux pas réfléchir. Je ne veux
plus rien.
Parce que la Vérité, la Seule, l'Unique, la Pure, c'est que, j'aurais beau rejeter la faute sur tout le monde, sur tous ceux que je hais, sur tous ceux que j'aime, je suis l'unique responsable,
la seule fautive. Si vous saviez tout le mal dont je suis responsable. Pire encore, si vous saviez le mal que je n'ai pas réussi à leur éviter. Non, j'ai dit que je n'expliquerai pas mes
raisons.
Se suicider est idiot, les suicidés sont lâches. Ils veulent simplement attirer l'attention. Ces gens-là (à prononcer du bout des lèvres avec une pointe de dégoût), vous savez, ils sont faibles.
"Mais on a le droit d'être faible". [Pourquoi ce ne sont que les déprimés à qui on répète cette phrase ? Parce qu'ils sont faibles. Et que les Autres, ils n'en ont pas le droit.]
Je suis une jeune personne lâche et en manque d'attention. Si Vous saviez.
Pfffh. Pas le courage de débattre de lâcheté et de faiblesse. Pas maintenant. Je vais tenter de dormir.
Par Anne
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Je ne sais plus.
Je ne sais pas comment je vais. Je pourrais très bien attraper cette euphorie, la garder tout contre moi, ne jamais la laisser repartir, voire la transformer en bonheur total et complet. Je suis
même persuadée de pouvoir écrire sur ce bonheur sans ennuyer personne. Non, je ne me crois pas si talentueuse, mais... je pourrais.
Je pourrais tout aussi bien, demain, tout à l'heure, ce soir, tout faire pour me remettre à V. Parce que j'ai oublié comment on fait, que je regrette un peu et qu'il faut bien que toutes ces
douches soient rentabilisées. Ou juste arrêter de manger. Même si je n'en ai plus la force.
Je ne sais plus.
Je crois que je mens, mais je ne sais pas à qui. A ceux et celles auprès de qui je me prétends malade ? A ceux et celles à qui je dis que tout va bien ? A moi ? Ce ne sont même pas vraiment
des mensonges, puisque j'ignore la vérité. Et j'y crois tellement fort, quand je dis que tout va bien se passer maintenant, j'en souris tant, j'en ai tellement les larmes aux yeux de bonheur, que
ça me ferait presque oublier les maux de crâne de ces nuits d'insomnie qui reviennent.
La vérité ?
La vérité, c'est que je ne souffre pas de TCA et n'en ai jamais souffert. Si j'ai fait 45 kilos, ce fut simplement effets secondaires, mais pas du tout anorexie. Si je suis ensuite montée à 68,
ce fut simplement l'adolescence, mais pas du tout boulimie. Et si ça me fait si mal de vous livrer ces chiffres, alors que ça n'intéresse personne, c'est simplement de l'orgueil mal
placé.
J'ai du utiliser ces termes parce qu'être malade, ça devait me sembler plus classe qu'être gourmande, parce que peut-être, je serais moins seule, parce que l'on aurait pitié de moi. Mais il n'y a
rien, il n'y a personne qui, maintenant, pourrait me dire ce que je suis. Je ne sais plus. Je crois que je me suis perdue.
J'ai du tout inventer. Oui, c'est ça, j'ai tout inventé.
Pardon à celles et ceux que j'ai trompés. J'y ai cru, moi, à ces troubles. Je ne pense pas que ça changera quoi que ce soit, mais je me suis menti autant, si ce n'est plus qu'à vous. Je suis
désolée. Je ne voulais pas mentir. J'espère que vous voudrez bien de moi quand même.
Par Anne
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You said...