[Ne me lisez pas.
Nan, vraiment, c'est pas de la psychologie inversée :
juste j'ai écrit de la merde.]
Je ne savais pas. Je ne savais plus. Qu'on pouvait aussi bien mêler euphorie et lassitude. Des mots qui tournent en rond. Des pages que je ne connais toujours pas. Des dates qui se font et se défont.
Aujourd'hui, depuis longtemps que ça ne m'était arrivé, j'ai eu des épisodes hallucinatoires. J'aime bien ce terme. CA
recommence. C'est devant moi. C'est un objet normal : une tasse, un stylo, un calendrier, un paquet
de pansements, mais ça se met soudain à osciller. A enfler et désenfler. Comme dans les films de Walt Disney, quand les petites connes de princesses voient flou avant de mollir et de s'évanouir.
Sauf que je n'ai pas de vapeurs, alors ça ne s'arrête pas. Ca bouge. Et tout semble tomber autour de
moi. Mais non. C'est à l'intérieur de moi que je trébuche.
Aujourd'hui, je dois lire. Apprendre. Non, je n'en ai pas marre. Mais je ne sais plus travailler. Je sais plus ce
que ça fait. L'impression d'être ce que je reproche à M. : un jeune chiot qui se laisse déconcentrer par le moindre souffle d'air qui passe trop près de son oreille. Non, ce n'est pas que je me
préoccupe de combien de calories sera mon prochain repas, non, pas du tout. Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
Je suis coincée chez moi, depuis ma chute de lundi. Et pour encore 2 jours. Samedi, je vais morfler. Mais on s'en
fiche, hein. J'ouvre les yeux. Un peu. Je me rends peu à peu compte que d'autres que moi existent. Que tout le monde a tendance à se noyer dans ses propres larmes. Personnellement, je préfère
sécher celles des autres, ça m'évite de regarder trop en face ce mur qui fonce droit sur moi. Oui, je me répète. Je n'assume pas, en plus.
Je suis relativement plus détendue, vis à vis de l'Autre. Mais j'ai encore du mal à m'y faire. Je t'en veux
encore. Vraiment. Mais, ce n'est pas grave, on va faire original et faire comme si de rien n'était. Mais dieu que je te déteste. Tellement que je ne ressens plus rien d'autre. A part un peu
d'euphorie parce que non, je n'ai plus faim, merci. Et de lassitude parce que, pardon mais je suis un peu fatiguée, alors je vais aller dormir.
Je n'aime pas jouer la comédie. Mais c'est une seconde nature. Alors, je le fais. Non, je ne mens pas. J'oublie de
tout dire, ce n'est pas pareil. Et si vous ne vous rendez pas compte à quel point j'ai besoin de vous, ça doit être de ma faute. Moi qui ne sais pas comment on fait pour exprimer des sentiments
autres que la colère. Oui, je suis fatiguée. Mais tout mon être crie contre vous qui ne voyez pas, qui êtes aveugles.
Regardez-moi. Non, finalement, je préfèrerais mieux pas. Allez-vous en.
[Tout ça n'est qu'un monstrueux bordel, ahah.]
Penser à rédiger ma nécro pou oublier que mon ventre gargouille. Parce que gargouille ça me fait penser à des vers
qui grouillent dans les corps en pondant des larves. Brrr. J'aurais jamais du regarder cette photo.
[Mr Thomas Effing ? je l'aime. Mais je sais bien que je ne passerai jamais une nuit dans Central Park. Moi, je me
limite à la Légion d'Honneur. Ou au parc Monceau. Ahah]
J'ai fait un rêve. Oui, ça m'arrive. Nan, mais quand je dors, je veux dire. Ouais, ça aussi ça m'arrive. Mes murs
transpiraient le sang. Non, je ne fais pas une métaphore, vraiment, ils transpiraient. Sur le papier peint vaguement jaune, naissaient en plusieurs endroits - partout, en fait - des rigoles de
sang. Pas de trou, de tunnel, rien. Juste du sang qui dégoulinait. [Non, les séries américaines ne m'influencent pas du tout...]
Et un trou d'aération. Au-dessus de mon poster de Franquin. A droite du tableau de mon père.
Et j'ai regardé dedans. J'aurais pas du. Intestins et poumons, coeurs en tout genre [arrêter de réviser dans mon
bouquin d'anatomie sur cadavre juste avant de dormir. vraiment].
"Non, mais toi, tu as un problème avec la poreusité de ta peau. Ta faiblesse, en fait. Tu ne te sens pas assez
protégée"
Mais quand m'éviteras-tu ta psychologie de comptoir ?!
Ca me rappelle cet autre cauchemard. Celui où, de chacun de mes grains de beauté poussait une fleur. Enorme. Et
quand j'essayais de l'enlever, j'arrivais à l'arracher jusqu'au calice, mais je voyais la tige dans ma peau et mes muscles. Je tirais cette tige. Vraiment de toutes mes forces. Et j'extirpais des
mètres et des mètres de filin vert avec moultes éclaboussures de sang. Mais il en restait toujours. Les fleurs poussaient. Ne choisissant même plus l'endroit. Commencèrent à émerger sur mon
visage. A rentrer dans ma bouche. Je suffoquai. M'arrachai la peau du visage en tentant de les stopper.
Et me réveillai le visage en sang.
Vraiment, je devrais raconter mes rêves plus souvent : on me foutrait la paix. J'en ai plein d'autres des comme
ça. Tous plus ragoutants les uns que les autres. Je ne suis pas dérangée ou schyzo comme vous voulez me le faire croire, monsieur le Docteur : j'ai juste besoin d'un exutoire : mes rêves. Qui
débordent trop sur mon éveil.
[Je suis envahie par mes rêves.
C'est joli, ça.
A ressortir plus tard.]
You said...